samedi 28 décembre 2013

Mi-Lalla ... !!





                                          
      


Je suis assise dans mon lit, entrain de penser à cet appel téléphonique  … Quand soudain j’ai mes souvenirs qui remonte en surface …  et son image devant les yeux … L’image du femme « Oujdia » de la tête au pieds, en tenu traditionnelle … toujours vêtue d’un foulard sur la tête et d’une robe manche longue avec pleins de motifs, de strass et de paillettes vers la poitrine … ce qu’on appelle chez moi «  Kesswa Oujdia » … Elle en a de toutes les couleurs et de tout les styles possibles

Je me rappelle de quelques années en arrières, de ses mots, ses paroles, ses gestes …. Je me rappelle de cette femme d’une personnalité forte … cette femme qui n’hésite jamais à dire ce qu’elle pense … qui s’en fou que ses mots plaisent à l’autre ou pas

Cette femme travailleuse depuis son plus jeune âge, cette femme qui a fait de son possible et même plus  pour s’occuper de ses enfants, les faire grandir, étudier et survoler de leurs propres ailes

Je  me  rappelle de ma joie de petite fille, à chaque fois que je me réveillais,  et que je voyais ton sac posé pas trop loin de mon lit,  que j’entendais ta voix raisonner dans le salon, ton accent purement oujdi qui donnait un autre gout à mes jours … Entrain de raconter les histoires et anecdotes du reste de la famille

Je me rappelle et je me rappellerai toute ma vie de ce sentiment et ce sourire qu’on je réalisais que tu nous a fait la surprise de venir nous voir … Quand ton parfum de musc, et  l’odeur de ton thé à la menthe chatoyait mon nez … Tu aimais le thé sucré, et fais avec amour … Un thé unique tout comme toi 

Je quittais mon lit en courant pour te serrer dans mes bras, et avoir mon paquet de chocolat par la même occasion … Je n’avais qu’une seule envie, m’absenter de l’école pour rester avec toi


Je savais que tu aimais le voyage, que tu aimais prendre ton sac et faire le tour du Maroc, je savais que tu n’allais pas resté plus que 15 jours, avant de recommencer ta tournée… Je savais qu’on pouvait te demander, te supplier même de rester pour toujours … tu refuseras  et j’admirai cet amour que tu avais pour le voyage… à chaque fois que tu m’en parlais … et que tu  me racontais  tes multiples allés à la Mecque,  je voyais dans tes yeux l’image d’une femme sereine et heureuse

Je me rappelle du jour ou je suis allée étudier en France, je me rappelle de ta joie qu’on je t’ai appelé pour voir comment tu  allais    et je me souviens de ta phrase après quelques  minutes de discussion
-          «  a berdi raki mchiti t9ray, 3ndak tjibi lna chi z3ar »

-          « hahaha, wah a mi-lalla ghadi njib wahed lia w wahed lik »

-          “Iwa dorki wakha, ila tjibi l rassek w tkhalini … laaa”



Aujourd’hui  tu commence  à perdre la tête … Un début d’Alzheimer …  à chaque fois que je t’appelle, je dois te dire et redire qui suis-je … Avant que tu t’en rappelle et que tu me donne les plus sincères, intenses, magnifiques « d3iwat » que je n’ai jamais entendu ….

Aujourd’hui tu commence à nous oublier, sauf que moi je ne t’oublierai jamais … comme je n’oublierai jamais ton accent, tes mots, ta gentillesse, ton apparence de femme dure au fond doux … Et je n’oublierai jamais que tu a toujours étais  cette femme juste qui n’accepte ni l’injustice ni le tord



Une KaRaMeLiTa … Nostalgique !!

jeudi 26 décembre 2013

Mon mal est mon ... Mâle !!





                                           
    



Aujourd'hui j'ai entendu une histoire, qui m'a fait perdre la raison ... Je vous la raconte , et je m'abstiens de dire mon avis personnel ... Les faits suffisent largement 

Je suis une femme âgée de 27 ans, on me dit souvent que j’ai une beauté sauvage … Cette beauté qui ne plait pas à tout le monde, qui vous laisse perplexe, indécis, et vous pousse à vous demandez, est ce que je suis belle ou moche ? Avant de laisser tomber et me prendre comme je suis

J’ai ouvert les yeux dans un village au fin fond d’une compagne, j’ai toujours été élevé dans la tradition, la coutume, le respect de l’autre  … Depuis toute petite je ne cessais d’entendre « la femme est faite pour le mariage »«  La principale mission d’une femme  est de s’occuper de son mari et ses enfants... »


Il y a un an, mes parents ont quittés la compagne pour  s’installer en ville , tout se déroulait à merveille , jusqu'à ce qu’un homme est venu demandé ma main, je ne le connaissais ni de prés, ni de loin … Sa mère m’a vu quelque part,  je lui ai plu C’est ce que je croyais,  et elle est venu frapper à ma porte… au début j’ai refusé …  Je venais d’arriver en ville, j’avais envie de découvrir la vie des citadins et  de me découvrir … 

Avant de finir par céder et accepter l’offre devant l’insistance pertinente de mon entourage : «  Tu te crois jeune ? la chance ne se présente pas deux fois … Dis oui, c’est un bel homme Ils ne l’ont jamais vu, ni moi d’ailleurs … Tu auras ton appartement et ta petite famille …


Tout s’est déroulé trop vite après mon « Oui » le mariage s’est vite concrétisé … et au bout de quelque temps, je me suis retrouvée assise devant ma mère qui me faisait réciter ses prestigieux conseils,  qu’elle m’avait fait apprendre par cœur commençant par :

*Benti, prend soin de ton homme, fais ce qu’il aime et évite ce qui le dérange … Soit toujours belle et bien soigné …. Cuisine ce qu’il aime … Ne te prend pas la tête avec sa mère et ses sœurs … respecte les, pour qu’elles te respectent …


Arrivant aux conseils beaucoup plus intimes, qui m’ont fait rougir de toutes les couleurs tout en faisant de petits rires gênés et en espérant que cette nouvelle vie sera rose, que ce citadin sera comme celui que j’imaginais un an avant au fond de ma chambre dans mon patelin oublié 

Le jour  « j » arrivé, je ne me sentais pas à l’aise, un mauvais pré-sentiment  me hantait, mes sœurs mariées et plus âgées me disaient que c’est tout a fait normal, toute nouvelle expérience fait peur et que le lendemain matin je me réveillerai avec un sourire éclatant " If you see what i mean" 

Sauf qu’avant le levé du soleil, j’étais retournée chez mes parents non pas  avec  le sourire, mais plutôt inondée de larmes …   Jeune fille comme j’étais partie quelques heures avant

 Mon homme ne l’ai pas … Mon homme aime les hommes … Mon homme est Homosexuel ... Mon homme ne me l’a fait savoir qu’après avoir signé l’acte, célébré le mariage, et fais la fête

Sa mère ne m’a pas choisi pour ma beauté, ma réputation, ou ma famille … Elle m’a choisi parce qu’elle est au courant des orientations sexuelles de son fils, elle m’a choisi parce qu’elle pensait que j’allais me taire ,  elle s’est dit que de là ou je venais les filles ont peur de la honte ,  les filles supportent et couvrent …

Maintenant, et depuis deux semaines je suis  chez mes parents… J’ai le statut de femme sans l’être vraiment …je vis des cauchemars chaque nuit, tout me fait peur et je n’ai plus envie d’entendre parler des hommes … 

Je ne suis ni mariée ni divorcé … Je suis celle  sur qui s’applique le proverbe marocain «  مرات المنحوسما هي مطلقة ما هي عروس « 





 Une KaRaMeLiTa … Choquée !